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Le Moteur Pont à Mousson : Une histoire trop  courte.

Le Moteur Pont à Mousson : Une histoire trop courte.

Publié le : 13 décembre 2019

La petite Facel Vega.

 

Jean Daninos, dirigeant fondateur du constructeur automobile FACEL VEGA, à la fin des années 50 souhaitait étoffer sa société en produisant une plus petite voiture. En effet, la gamme Facel était nichée sur le segment des grosses cylindrées de luxe, dont le volume de ventes offrait des perspectives naturellement limitées à la taille du marché. Il y avait réellement un marché existant pour une voiture sportive de  1600cm3 de cylindrée. Celui-ci était déjà abordé par Alfa Roméo avec les Giulietta et Porsche avec la 356. En effet, les études de marché de l’époque confirmaient qu’une voiture de cette catégorie pouvait atteindre les 2500 ventes annuelles.

 

 

A la recherche d’un moteur…

 

Les études de ce nouveau modèle chez Facel Vega, mirent en évidence la problématique de la motorisation. En effet, jusqu’à présent, ne trouvant pas de moteur de grosse cylindrée pour ses modèles haut de gamme, la marque française s’approvisionnait chez le constructeur américain Chrysler qui lui fournissait de puissants et coupleux V8.

Le gouvernement français de l’époque, soucieux de limiter au maximum les importations, tolérait déjà difficilement l’importation de ces moteurs américains. Pour ce nouveau modèle, ce fut un refus définitif. Jean Daninos dut alors se tourner vers les constructeurs français. Ceux-ci, muselés par le plan Pons de reconstruction de l’industrie automobile nationale après la guerre, ne disposaient pas de moteurs pouvant répondre au cahier des charges de ce futur modèle

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Les études.

 

Restait alors, la solution de construire un moteur. La société Pont à Mousson, déjà fournisseur de Facel pour les transmissions,  fut contactée. En effet, une étude de moteur 6 cylindres en ligne avait été réalisé en 1951 mais n’avait pas eu de débouché commercial. Le bureau d’étude  chez Pont à Mousson a revu son projet en ôtant 2 cylindres à ce moteur, pour en faire un joli 4 cylindres en ligne à double arbre à cames tête. La cylindrée exacte fixée à 1646cm3, permettait de la situer dans la même catégorie des concurrents cités plus haut. Le choix des matériaux se porta sur la fonte pour le bloc et sur l’aluminium pour la culasse.

 Le temps pressant, l’étude fut mené très rapidement (ceci aura d’énormes conséquences ultérieures pour Facel Vega), et les premiers modèles de ce moteur furent produits. La puissance développée était de 115ch et accouplé à une boite Pont à Mousson à 4 rapports, la nouvelle voiture dont le nom choisi fut Facellia, pouvait prétendre atteindre un 180km/h en pointe. Le cahier des charges était rempli.

Début 1960, les moteurs sont alors assemblés chez Facel  à l’usine de Puteaux qui est alimentée en pièces fabriquées et usinées par Pont-à-Mousson. Ils sont ensuite expédiés à l’usine Facel de Colombes pour être intégrés à la chaine de montage des Facellia. Malheureusement, comme on l’a vu, ce moteur brillant ne bénéficia pas d’une étude et d’essais suffisamment poussés et des problèmes de fiabilité apparurent très rapidement.

 

 

Des défauts de jeunesse.

 

A la base, l’alimentation prévue avec deux carburateurs fut la source de problèmes et il fallut concevoir une alimentation à un seul carburateur double corps. Plus grave, le système de refroidissement était mal conçu, ce qui provoquait des surchauffes. Autre problème inquiétant, le matériau utilisé pour la fabrication des chemises humides, ne convenait pas car ces dernières s’usaient rapidement ce qui entrainait une surconsommation d’huile.

 

 

Le renouveau.

 

Facel Vega a réagit en confiant à la société « Le Moteur Moderne » les études correctives des défauts de jeunesse du moteur. Ainsi, rapidement, Facel Vega sortit les Facellia F2 et F2S  équipées de ces moteurs fiabilisés et améliorés en performance (120ch pour la Facellia F2 et 131ch pour la Facellia F2S). Des succès en compétition valideront les améliorations (1ere place en 1961 au Monte Carlo catégorie 1.6 à 2litres)

Malgré cette réaction rapide, beaucoup trop de voitures furent commercialisées avec les moteurs touchés par ces défauts. Ces derniers furent repris gracieusement  et échangés contre des neufs du nouveau type fiabilisé.  Tout ceci couta fort cher à la société, et mis la trésorerie à bas. De plus, la réputation de la Facellia fut gravement entachée par ces défauts de jeunesse et les ventes s’effondrèrent n’atteignant ainsi jamais les objectifs qui avaient été fixés à la conception du projet.

 

 

Une fin prématurée.

 

Facel Vega décida de redorer l’image du modèle en employant une solution radicale: le remplacement du moteur Pont à  Mousson par un moteur 1800cm3 Volvo, et le changement de nom pour « Facel 3 ». Mais, il était trop tard. Les ventes ne redécollèrent pas et la société Facel Vega ne s’en remit jamais. Elle ferma ses portes en 1964.

 

 

La Facellia 59 ans après.

 

Aujourd’hui nombre de Facellia équipées de ce moteur roulent toujours, bichonnées par leur propriétaires !  

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