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Peugeot 203 / Peugeot 403

Peugeot 203 / Peugeot 403

Publié le : 8 juin 2021

Le Moteur des Peugeot 203 et 403.

La 203 sera pour l’entreprise PEUGEOT le modèle de la renaissance.

Les usines ont beaucoup souffert durant la guerre, totalement pillées par les allemands et bombardées par les alliés, furent prêtes à produire cette toute nouvelle voiture dès 1948.  Conformément au plan Pons, ce modèle était une voiture moyenne dans la catégorie des 7CV.

Sa ligne nouvelle inspirée du style américain de l’époque, plait au public.

C’est la première voiture monocoque proposée par Peugeot. Dans sa conception, il y aura un juste équilibre de solutions modernes et d’autres plus anciennes mais largement éprouvées pour leur robustesse : moteur à l’avant et propulsion par essieu arrière rigide.

                                             

              

La modernité

Le sujet qui nous intéresse plus particulièrement est son moteur. Il sera lui, de conception avant-gardiste. C’est un 1290 cm³ qui développe une puissance de 42 ch. à 4000 tours/min. Même si le vilebrequin tourillonne sur trois paliers, cette mécanique sera une réussite technique et sera bien née, épargnée par les défauts de jeunesse.

Si le bloc est en fonte, la culasse est en alpax avec des chambres de combustion hémisphériques permettant un excellent rendement thermique. Cette architecture permet le montage de soupapes largement dimensionnées qui contribuent à une bonne admission et une bonne évacuation des gaz brulés.

Sa puissance a été volontairement limitée pour garantir une fiabilité à toute épreuve.

Les 42 chevaux sont sobres avec une consommation moyenne variant de 7.5 à 9 litres aux 100 km, et grâce aux vertus aérodynamiques de la carrosserie, les 115 km/h étaient atteints aisément.

La boite de vitesse n’était pas si bien réussie que le moteur. Malgré une boite à 4 rapports avec une surmultiplication sur le dernier, des problèmes de synchronisation et de maniabilité du levier de sélection au volant entachaient l’agrément de conduite. Le problème sera corrigé sur la 403 avec la nouvelle boite C2 en 1955.

 

                                                

La 203 en compétition.

Les préparateurs de l’époque ont rapidement perçu les grandes possibilités de développement de ce moteur. Darl’mat, concessionnaire Peugeot à Paris avait déjà réalisé la brillante « 402 Darl’mat ». Grâce à l’appui de l’usine, il a produit 250 exemplaires (entre 1949 et 1954). La voiture était rabaissée de 140mm  est dérivée de la berline de série. Elle est plus basse de quatorze centimètres, grâce à une grosse modification sur les longerons avant et un abaissement du toit de 70mm. Le moteur dont le rapport volumétrique était augmenté, recevait 2 carburateurs Solex et un échappement retravaillé, de nouveau pistons et  développait 50 ch  permettant un 140km/h en version de préparation de base. En 1952, une version de préparation plus affutée permettait de faire évoluer la puissance à 60Cv, (vitesse de pointe à 160km/h !) C’est avec ce modèle, en général préparé par des équipages privés, que Peugeot entama une longue série de succès en rallyes et raids d'endurance.

La suralimentation

              Mais c’est Constantin, fabricant de compresseurs volumétriques, qui en sortira le plus de chevaux. Partant de la caisse modifiée chez Darl’mat, Constantin proposera des dérivées sportives de la 203 à partir de 1951. Le moteur fut profondément modifié avec une cylindrée portée à 1 425 cm3 par augmentation de l’alésage. Ainsi, équipée du célèbre compresseur éponyme, la 203 Constantin développe 90 ch à 5 000 tours et permet un  bon 160 km/h. L’inconvénient de ce montage résidait surtout dans la consommation d’essence qui pouvait atteindre les 25 litres aux cent kilomètres !

En ce qui concerne la série, en 1954, la 203 reçoit quelques améliorations techniques faisant gagner trois chevaux supplémentaires à son moteur.

 

La 403 prend la suite..

 En 1955, la Peugeot 403 apparaît : avec un moteur de 1.468 cm³ qui est une évolution de celui de la 203 et qui délivre 58ch DIN à 4 900 tr/min. Ce moteur sera lui aussi gonflé par Darl’mat  sur des coupés hors-série à diffusion limitée.

En février 1960, presque douze années après son lancement, la 203 tire définitivement sa révérence après avoir été fabriquée à plus de 699 500 exemplaires, toutes versions confondues.  Pourtant son moteur éprouvé ne disparaitra pas avec elle, car il sera repris sur la Peugeot 403 – 7.  La culasse sera modifiée à cette occasion par le passage de  l’admission sur le côté opposé à celui de l’échappement.

Grace à cette 403 « à petit moteur », Peugeot pouvait proposer une voiture 7CV fort bien finie et construite dans ce créneau très concurrentiel en France. La calandre plus dépouillée (sans séparation horizontale chromée) de la 403-7 permettait de la distinguer par rapport à la 403-8.

Peugeot utilisera également les moteurs 1290cm3 et 1468cm3 respectivement  pour les fourgons D3 et D4 (camionnette initialement conçue par Chenard et Walker en 1950).

                                        

 

La 403 elle aussi, brillera en compétition sur quelques rallyes internationaux avec des premières places ( Finlande en 55, Maroc, tour d’Australie) et des victoires de classe (Monte Carlo, Safari Rallye).

En 1966, la 403 disparaitra du catalogue Peugeot et le modèle 403-7 la suivra l’année d’après (avec une production totale de 1 214 126 exemplaires).

 

Aujourd’hui, de nombreux collectionneurs entretiennent et restaurent ces modèles à succès produits par PEUGEOT .

EMBIELLAGE COLLECTOR met à leur disposition les différents coussinets équipant ces moteurs, dans les cotes standard et réparation.

 

Cyril SOUTHAREWSKY